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Cap Vert

FICHE DESTINATION CAP VERT ATR

 

« Un silence vaut vingt cinq réponses » : proverbe capverdien.

 

Généralités du pays et enjeux majeurs liés au tourisme responsable

Les îles du Cap-Vert étaient inhabitées lorsque des marins portugais y débarquèrent pour la première fois, au milieu du XVe siècle.

Indépendance en 1975 dans le prolongement de la chute du régime dictatorial de Salazar au Portugal

Près de 537 000 habitants en 2017 (435 000 en 2000) répartis sur un archipel de dix îles volcaniques et une superficie de 4000 m2

Indice de développement humain : 0,708 (121e rang sur 188 pays)

644 000 visiteurs étrangers en 2016, dont 10% de français, en 3e position après les voyageurs britanniques (20%) et allemands (11%)

Indice ATR (nombre de touristes étrangers / nombre d’habitants) : 119 visiteurs pour 100 habitants

Effets positifs du tourisme : Apport de devises, revenus pour la population, création de postes qualifiés et de formations associées, valorisation du patrimoine naturel des régions rurales, lutte contre l’exode rural, association de la population au développement du tourisme, implication des professionnels dans le développement durable de leurs activités

Effets négatifs du tourisme : Détérioration et fragilisation de l’environnement développement de complexes touristiques non intégrés à l’environnement local, montée des prix qui déséquilibre les populations locales, difficulté de partage des bénéfices du tourisme qui profite principalement aux professionnels du tourisme

Enjeux majeurs (selon ATR) : Gestion de la ressource en eau, traitement des déchets, formation professionnelle, développement agricole, dépendance au tourisme

 

Labels et réseaux locaux

The Travel Foundation participe à plusieurs projets de développement durable du tourisme au Cap Vert, dont la mise en place d’un conseil de destination sur l’île de Sal réunissant les différentes parties prenantes. Plusieurs hôtels ont obtenu le label Travelife niveau gold.

 

Système politique et juridique

Le régime démocratique du Cap-Vert est stable. Les dernières élections présidentielles ont été considérées comme libres et justes, une presse libre existe et la loi est respectée par l’État.

Index de perception de la corruption par Transparency International : 59/100 (38e rang sur 176 pays, à la 2e place en Afrique)

Droit du tourisme : L’industrie touristique au Cap Vert est régulée par la Direction Générale du Tourisme (DGT), qui gère la délivrance et le renouvellement des licences pour l’ensemble des acteurs touristiques. Les licences de tourisme peuvent être délivrées en 3 jours grâce à une centralisation et une gestion numérique des documents administratifs. La demande peut se faire auprès d’une mairie ou d’un bureau local de la DGT. À chaque nature d’activité touristique correspond une licence spécifique de tourisme, pour les agences de voyage et de tourisme vendant des packages pour les agences de tourisme vendant uniquement des produits type package mais sans aérien, et pour les autres opérateurs touristiques, tels que les hôtels, les entreprises d’événementiel, de location de voitures, les restaurants, qui avec cette licence peuvent aussi vendre des packages en rapport avec leurs activité. Le renouvellement de la licence est annuel. L’assurance responsabilité civile professionnelle (RCP) est obligatoire pour l’exercice de l’activité. Elle offre les garanties de base : couverture des dommages corporels, matériels et dommages financiers causés à un tiers.  Les réceptifs doivent obligatoirement souscrire à une assurance véhicule pour l’ensemble des véhicules de transport touristique détenus en propre et couvrant les dommages au tiers.

Le régime cap verdien protège contre tous les risques à l’exception de celui de la privation d’emploi. L’Institut national de protection sociale (INPS) gère le régime de protection sociale. Placé sous la tutelle du ministère du travail et de la solidarité, il couvre tous les salariés du privé et dispose de quatorze antennes sur tout le territoire. Le régime est financé par les cotisations des employeurs et des salariés. Les cotisations sont versées sur la totalité du salaire. Les réceptifs sont encouragés à souscrire à une assurance complémentaire privée pour l’ensemble de leurs salariés qui couvre les risques maladie, les accidents du travail et maladies professionnelles, invalidité, retraites, maternité, décès des assurés qui leur sont rattachés. Les réceptifs doivent tendre à ce que leurs guides freelance réguliers bénéficient d’une protection sociale pendant leurs périodes de travail pour le réceptif équivalente au minimum légal des permanents. Depuis 2016, les guides doivent avoir une carte professionnelle délivrée suite à une formation organisée par le ministère du tourisme ou à une équivalence pour les anciens guides déjà formés.

Actions recommandées par ATR :

  • Former l’ensemble des guides aux premiers secours, aux connaissances médicales requises pour l’accompagnement et l’encadrement en moyenne montagne, le cas échéant, à la gestion de groupe, à la logistique matérielle, aux pratiques du tourisme responsable et à la situation environnementale, sociale et culturelle du pays. Ces formations réalisées en interne comme en externe doivent faire l’objet d’enregistrements démontrables.
  • Diffuser auprès du personnel du réceptif la « Charte Ethique du Voyageur », document de sensibilisation aux pratiques du développement durable appliquées au domaine du tourisme.
  • Les réceptifs s’informent sur la nouvelle réglementation en cours concernant l’officialisation du statut de guide touristique. Ils s’engagent à respecter les conditions dès l’entrée en vigueur de la nouvelle loi.

Âge minimum légal pour travailler : 18 ans (16 ans pour les stagiaires)

 

Économie

Le Cap-Vert est un bel exemple de réussite africaine selon un cadre de l’ONU. « En l’espace de 30 ans, le revenu par habitant a été multiplié par trois. Mais si le boom du tourisme confirme le rôle que les services à haute valeur ajoutée peuvent jouer comme moteurs de la croissance, il est difficile d’imaginer que l’on parvienne à éliminer la pauvreté dans un pays comme le Cap Vert sans stimuler la productivité du secteur primaire, notamment l’agriculture et la pêche. Il importe donc de promouvoir des liens plus étroits entre le tourisme et les autres activités, pour faire du tourisme un secteur plus transversal. » En effet, si l’économie du pays est dominée par le tourisme, l’agriculture se développe mais peine encore à satisfaire les besoins domestiques.

Le rapport du ministère français de l’économie indique que le pays se caractérise par une remarquable stabilité politique qui intervient dans un cadre démocratique. Néanmoins, le niveau élevé de chômage chez les jeunes de moins de 30 ans entraînent la persistance d’un niveau préoccupant de petite et moyenne criminalité susceptible de ralentir l’essor du tourisme. Les autorités locales sont conscientes de cette menace à long terme sur la stabilité politique et le développement économique du pays. Structurellement, l’économie de l’archipel, est largement dépendante de l’extérieur tant pour ses ressources financières que pour ses approvisionnements.

Salaire moyen mensuel d’un enseignant :  420 euros

Salaire net mensuel minimum : 120 euros, soit 13410 escudos cap-verdiens dans la fonction publique (11000 CVE dans  le secteur privé)

Recettes du tourisme : 200 millions d’euros en 2016

Rémunération recommandée par ATR en 2017 pour les professionnels du tourisme : guide (60 euros par jour), cuisinier (30 euros par jour)

Pourboire recommandé (mais non obligatoire et variable selon l’itinéraire, la taille du groupe et la durée du séjour : entre 15 et 25 euros par voyageurs  par semaine (7 euros pour le guide, 4 pour le cuisinier, 4 pour le chauffeur)

L’ensemble des agences réceptives fournissent obligatoirement au personnel embauché (freelance ou pas) hébergement, nourriture et s’assurent que le personnel dispose d’un équipement adapté au cours des excursions dans des conditions « localement » convenables et en tenant compte des conditions climatiques associées. Si nécessaire, il aide à l’acquisition de ce matériel.

 

Société

Le Cap-Vert n’est plus considéré comme pauvre, mais la majorité de la population y vit pourtant avec des revenues très faibles. « Ils ont appris à vivre avec ce qu’ils ont, le tout avec un flegme attachant » explique Le Petit Futé. Il faut noter une diaspora très importante, notamment aux États-Unis, au Portugal et en France. Les « migrants » rêvent souvent de revenir et sont inciter à le faire et à investir dans leur pays d’origine. La vie quotidienne est une fête rythmée par la musique et la danse. La « morabeza » est une manière unique de voir les choses et se caractérise par une hospitalité chaleureuse.

 

Culture

Bien sûr, il y a Cesária Évora, la femme du port de Mindelo, devenue la « Diva aux pieds nus » et qui, de sa voix chaude, a révélé au monde les beautés de son archipel atlantique. Le Routard précise : « au large des côtes sénégalaises, ce pays pays conserve l’empreinte très forte des traditions portugaises ».  Au carrefour de l’Europe, de l’Afrique et de l’Amérique du Sud, on y retrouve les influences mêlées des trois continents et un métissage racial et culturel d’une grande richesse.

Un site est classé au patrimoine de l’UNESCO : le centre historique Ribeira Grande (rebaptisée Cidade Velha), première ville coloniale construite par les Européens sous les tropiques, au sud de l’île de Santiago.

 

Environnement 

Le parc national du volcan de Fogo (feu en portugais) et les réserves naturelles de Sierra Malaguetta (île de Santiago), Monte Verde (île de Sao Vicente), Monte Gordo (île de Sao Nicolau) et de l’île de Santa Luzia sont des espaces remarquables à protéger en respectant la réglementation et les usages, connus des guides qui en informent les voyageurs.

Le Cap-Vert présente un climat tropical sec qui peut parfois être atténué par les vents et l’altitude. Les précipitations ne dépassent pas 300 mm par an sur les 65% des terres situées à moins de 400 m d’altitude, alors que les zones d’altitude faiblement exposées aux vents peuvent bénéficier d’une précipitation annuelle supérieure à 700 mm. Elles sont également très variables en fonction des versants et des îles de l’archipel. Dans un contexte de consommation excessive d’eau dans les zones touristiques balnéaires (exemple : île de Sal et île de Boa Vista) la consommation des populations locales et le renouvellement naturel peuvent être menacés. La gestion des ressources en eau est difficile en raison du manque de structures et de moyens pour son captage ou son dessalement puis son épuration.

Outre la faiblesse des ressources hydriques, les îles du Cap-Vert n’ont pas suffisamment de terres arables (10 % de la superficie totale du pays). De ce fait, le Cap-Vert est confronté à un déficit alimentaire structurel. L’ensemble de la production agricole et halieutique ne dépasse guère 15% des besoins nutritionnels du pays. Il y a peu de forêts au Cap Vert et la déforestation traditionnelle est limitée (essentiellement ramassage du bois mort) avec des risques peu importants.

Actions recommandées par ATR :

  • demander aux réceptifs de mettre en place des pratiques de gestion de l’eau avec l’implication directe de son personnel (freelance et salariés) et d’y associer les clients (consommation minimale journalière, limitation de l’impact sur la biodiversité locale et sur les populations, utilisation de détergents écologiques).
  • encourager l’achat de bonbonnes afin de minimiser l’achat de bouteilles en plastique
  • privilégier l’utilisation de comprimés désinfectants, et l’eau bouillie lors des treks
  • tendre vers l’utilisation de détergents écologiques (exemple : le réceptif ou le TO partenaire peut offrir un savon écologique fabriqué localement à chaque voyageur pour la durée du séjour)
  • ne pas se laver à moins de 100 m des cours d’eau
  • sélectionner des hébergements qui ont une bonne gestion des ressources d’eau : conservation des draps et serviettes par les clients afin de réduire la fréquence de lavage du linge, récupération des eaux de pluie pour arroser les jardins et arrosage à privilégier le soir.

Le système de collecte des déchets fonctionne dans les villes et les petites villes accessibles par voitures et transports publics et dans les espaces protégés, mais il reste des insuffisances dans le traitement des déchets, par manque de structures et de moyens. Par ailleurs, il les déchets amenés par les courants marins en provenance d’Europe et de l’Afrique continentale polluent les plages et ont in impact sur la biodiversité marine. Des systèmes informels de recyclage sont très présents et les cap-verdiens sont sensibles aux problématiques environnementales grâce aux campagnes se sensibilisation notamment dans les écoles.

Actions recommandées par ATR :

  • demander aux réceptifs de minimiser la quantité de déchets produits, de les collecter, trier et traiter de manière durable ou de les rapporter en France, le cas échéant (exemple des piles), en impliquant leur personnel  et les voyageurs
  • organiser la collecte et le tri des déchets lors des excursions
  • responsabiliser les clients afin qu’ils conservent leurs déchets et les ramènent avec eux
  • inviter les voyageurs à prendre des grandes bouteilles d’eau
  • privilégier l’achat de produits frais achetés localement (à la place de conserves ou de produits emballés) pour favoriser l’économie locale et éviter un surplus d’emballages

 

Conseils éthiques et pratiques pour les voyageurs

La prostitution est peu répandue mais il s’agit de rester vigilants puisque des cas d’exploitation sexuelle des enfants par des touristes ont été constatés sur l’île de Sal. Le tourisme responsable consiste aussi à lutter contre l’exploitation sexuelle des enfants et à faire passer le message au clients sur le risque pénal encouru, y compris dans les pays d’origine des touristes mais aussi sur le devoir de vigilance à travers la plateforme européenne de dénonciation des crimes sexuels impliquant des enfants.

 

Bonne pratique

Les voyageurs sont sensibilisés à l’artisanat fabriqué localement afin de soutenir le savoir-faire et l’économie du Cap Vert. Les réceptifs sont invités à sensibiliser leurs équipes et les clients à travers la Charte éthique du voyageur dont voici un extrait. « N’emporter que l’essentiel, et garder de la place dans la valise pour ramener des souvenirs fabriqués localement. Se renseigner sur la pratique et les limites du marchandage des prix et sur les pourboires laissés aux professionnels  :  restaurants, hébergements, guides, artisans, commerçants, sans s’obstiner à vouloir obtenir des privilèges. » Ainsi les réceptifs sont invités à privilégier les hébergements ont une bonne gestion environnementale et sociale et qui sont sensibles à la valorisation du patrimoine, quelque soit le type d’établissement : (écolodge, auberges, hôtel-club)

 

Plus d’informations

Conseils aux voyageurs du ministère français des affaires étrangères

Office du tourisme du Cap Vert

Annexe : fiche pays ATR 2011 (14 pages) : sur la partie de l’espace pro réservée aux membres

 

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