Professionnels du voyage : comment agir contre le changement climatique ?

ATR présente les nouveaux engagements de son label pour agir contre le changement climatique

Alors qu’Elisabeth BORNE, Ministre des transports vient d’annoncer la mise en place d’une taxe sur les billets d’avion, l’association Agir pour un Tourisme Responsable (ATR) présente les nouveaux engagements de son label pour agir contre le changement climatique.

A partir de 2020, toutes les entreprises prétendant au label ATR devront compenser 100% de leurs émissions de CO2 à travers des projets de solidarité climatique. Les émissions liées au transport des voyageurs devront être compensées par les entreprises titulaires du label ATR, à hauteur de 50% à partir de 2023, puis à 100% à partir de 2025.

Si l’idée de taxer les billets d’avion n’est pas une mauvaise idée, Vincent FONVIEILLE, Président d’ATR, est réservé sur la proposition du gouvernement français qui ne semble pas adaptée pour répondre aux enjeux du changement climatique. « Premièrement, la taxe est beaucoup trop faible pour faire baisser le transport aérien dont la part dans les émissions globales de CO2 va continuer d’augmenter, malgré les efforts de réduction des constructeurs d’avions et des compagnies aériennes, avec une croissance forte de la demande de mobilité internationale. Deuxièmement, la taxe ne concerne que les vols au départ de la France, alors même qu’elle devrait être sinon internationale du moins européenne et être appliquée sur tous les vols, y compris ceux à l’arrivée en Europe. Troisièmement, la taxe ne permet pas d’absorber ou de réduire les émissions de CO2 car elle n’est pas fléchée vers un programme précis de solidarité climatique. »

Le tourisme est victime des effets du changement climatique sur l’attractivité des destinations, mais il représente aussi près de 10% des émissions globales de CO2* (dont près de la moitié sont liées aux déplacements en avion). « Cette controverse, ATR l’a traitée de front depuis plusieurs années, en concentrant son énergie sur les solutions concrètes et les moyens d’agir » explique Julien BUOT, Directeur de l’association. Et en s’appuyant sur des entreprises engagées de longue date contre le changement climatique comme Voyageur du Monde, labellisée ATR qui propose depuis 2007 puis inclue depuis 2018 l’absorption carbone de toutes les émissions de CO2 liés au déplacements internationaux en avion de ses clients, à travers des projets de reforestation. Ou Double Sens, titulaire du label ATR depuis 2016 et lauréat de l’édition 2018 des palmes du tourisme durable pour son action de « bon sens carbone », à savoir une prise en charge de la compensation de la moitié des émissions de CO2 de l’ensemble de ses voyages, et une invitation des voyageurs à compenser l’autre moitié, à travers la mise en place de cuiseurs à bois économes auprès des populations les plus vulnérables au changement climatique au Pérou. Il faut aussi noter que pour certaines entreprises titulaires du label ATR, comme La Balaguère, ou Grand Angle, la destination France représente une part importante de leur activité et que les voyages en avion ne concernent qu’une minorité de leurs clients.

Concrètement, le label ATR exige déjà depuis 2015 l’évaluation de l’empreinte carbone des opérateurs de voyage en intégrant les facteurs d’émission de gaz à effets de serre du transport aérien définis par l’ADEME, incluant l’impact des nuages de traines des avions sur l’effet de serre**.  Dans le cadre de la conférence de Paris sur le climat (COP 21) en décembre 2015, l’association ATR a organisé une conférence sur le voyage « climato-compatible » en y associant Terres d’Aventure, Air France et le GERES, avant de signer en 2017 la Charte de la Solidarité Climatique***. En 2019, dans le prolongement d’un séminaire de trois jours dédié en 2018 à la lutte contre le changement climatique en y associant des experts du GIEC et des organisations spécialisées comme EcoAct et PurProjet, l’association ATR a décidé d’aller plus loin et de faire évoluer les engagements de son label pour agir contre le changement climatique.

A partir de 2020, toutes les entreprises prétendant au label ATR devront compenser 100% de leurs émissions de CO2 à travers des projets de solidarité climatique. Ces projets devront générer des co-bénéfices et des crédits carbones certifiés. Ils devront également s’inscrire dans une politique de gestion environnementale intégrant une réduction des émissions de CO2

ATR met à disposition de ses membres un outil d’évaluation de l’empreinte carbone des entreprises qui intègre les émissions liées aux déplacements des voyageurs pour aller à destination et en revenir. Ces émissions liées au transport des voyageurs devront être compensées par les entreprises titulaires du label ATR, à hauteur de 50% à partir de 2023, puis à 100% à partir de 2025, en y associant les touristes pour en faire des citoyens de la solidarité climatique, invités également à réduire leurs émissions de CO2 avant, pendant et après leurs voyages, puis à les compenser.

Si ATR salue également les propositions de Jean-Pierre MAS, Président des Entreprises du Voyage, dans dans la tribune**** publiée dans Le Monde le 21 mai 2019, et co-signée par René-Marc CHIKLI, Président du Syndicat des Entreprises du Tour Opérating et de nombreux dirigeants d’opérateurs de voyage, l’association invite tous les opérateurs de voyage à prendre leur responsabilité et être à la pointe de la lutte contre le changement climatique.

Sans attendre, le label ATR intègre cette nouvelle exigence. L’association propose d’accompagner les entreprises qui souhaitent contribuer à solidarité climatique et ainsi permettre d’absorber ou d’éviter les émissions de CO2. C’est le nouvel engagement du label ATR pour agir contre le changement climatique, humblement, sincèrement et efficacement, en partenariat des organisations spécialisées et reconnues telles qu’EcoAct, MicroSol et PurProjet.

Au delà de ces engagements, ATR appelle aussi à « voyager mieux », moins souvent, plus longtemps, moins loin, ce qui ne doit pas empêcher de partir à l’autre bout du monde, mais en sollicitant des professionnels qui font la démonstration de leur engagement à respecter la planète et ses habitants, en réduisant les impacts négatifs des voyages, en augmentant leurs impacts positifs et en faisant la promotion de leurs vertus pacifiques*****.

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* Une étude publiée en 2018 par Nature Climate Change indique qu’en 2013 le tourisme était responsable de 8% des émissions globales de CO2.

https://www.lemonde.fr/climat/article/2018/05/07/le-tourisme-fait-s-envoler-le-rechauffement-planetaire_5295656_1652612.html

** Une étude publiée en 2018 par Nature Communications précise qu’au delà des émissions de CO2, le trainées de condensation des avions accentuent la contribution du transport aérien à l’effet de serre.

https://www.lemonde.fr/climat/article/2018/05/12/les-trainees-blanches-des-avions-contribuent-au-rechauffement-climatique_5297919_1652612.html

*** Les six principes de Charte pour la solidarité climatique conjuguent deux démarches indissociables : AGIR à notre niveau dans la transition sociétale et écologique, en changeant nos comportements et en adoptant des pratiques plus respectueuses du climat. SOUTENIR le développement propre et l’adaptation des populations les plus vulnérables aux changements climatiques, en favorisant l’innovation et la diffusion de solutions durables.

https://solidariteclimatique.org/charte/

**** Qu’advientrait-il du droit aux vacances pour tous en rendant moins accessible le transport aérien ? Conscient de l’urgence à protéger la planète, Jean-Pierre MAS soutenu par l’ensemble des acteurs du tourisme et du voyage propose, dans une tribune au « Monde », des pistes pour réduire la production de CO2 et inviter à une « contribution planète ».

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/05/21/qu-adviendrait-il-du-droit-aux-vacances-pour-tous-en-rendant-moins-accessible-le-transport-aerien_5464996_3232.html

***** Le tourisme durable, un passeport pour la paix ? Débat organisé le 4 juin à Caen dans le cadre du forum mondial Normandie pour la paix.

https://normandiepourlapaix.fr/actualites/cap-sur-le-tourisme-responsable 

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ATR (Agir pour un Tourisme Responsable) est la première association des acteurs du voyage responsable en France.

Elle regroupe depuis 2004 des entreprises qui proposent des voyages dans le respect de la planète et de ses habitants.  
A ce jour, ATR réunit 40 membres dont 14 opérateurs de voyage labellisés suite au contrôle exercé chaque année par Ecocert Environnement :  Allibert Trekking, Atalante, Chamina Voyages, Comptoir des Voyages, Double Sens, Grand Angle, L’Arbre à Voyages, La Balaguère, Les Ateliers du Voyage, Les Circuits Découverte by Club Med, Nomade Aventure, Salaün Holidays, Terres d’Aventure et Voyageurs du Monde.

www.tourisme-responsable.org

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