Le 11 septembre 2025
1/ Qui êtes-vous ? Que faites-vous ?
Je suis Jean Christophe GUERIN, j’ai 51 ans, et je suis déjà dans le bain du voyage et du tourisme depuis plus de 25 ans. J’ai fait mes « armes » au sein d’Atalante à la fin des années 90 pour devenir associé au sein de ce groupe d’agences engagées. J’ai pratiqué divers métiers, tant dans l’univers du trek que du sur-mesure en prenant la direction de Continents Insolites en 2010.
Après un break en famille autour du monde, j’ai co-créé avec des amies une agence sur mesure qui regroupe des consultants indépendants, Looking for Charly. Et depuis 2012, je suis engagé sur le festival Quais du Départ que j’ai cofondé avec un ami libraire.
Puis j’ai eu l’opportunité de reprendre Vie Sauvage en 2019 , une agence reconnue dans le domaine du Safari depuis plus de 20 ans. Mon ambition lors de cette reprise, était de prolonger son expertise des voyages nature sur les autres continents, donc l’Europe, et d’en faire une agence de référence dans le domaine de la sensibilisation et la protection de la biodiversité.

Puis le Covid nous a comme tous secoué… et de notre côté cette épreuve a permis la création de Fika voyages, orienté sur des offres de slow travel et de proximité, d’investir dans le projet Evi-Hob et plus récemment Aventure et Volcans que nous avons relancé avec passion car c’est un univers absolument magique… Désormais c’est un petit groupe, de marques thématiques, d’équipes engagées et passionnées – Les compagnies du voyage.
- Ce qui vous fait lever le matin… et pourquoi pas sur le plan personnel, vos passions, vos hobbies…
Je suis curieux et j’aime toucher un peu à tout, tant dans le travail que dans mes passions : escalade, VTT, rando, ski etc. Je me passionne comme, je l’espère, de plus en plus de monde pour notre planète en transition qui a besoin que l’on change nos habitudes, réapprendre l’essentiel, être imaginatif, devenir plus frugal… Je suis notamment engagé dans un collectif citoyen qui a créé un jardin partagé en ville, véritable laboratoire en permaculture, et nous orientons également notre festival Quai du Départ vers des conférences et des films plus engagés.
2/ Pourquoi avoir adhéré à ATR ?
Je connais ATR depuis la genèse de l’association. Le tourisme responsable définit un tourisme où les acteurs (du client aux guides locaux, en incluant toute la chaîne) ont conscience des enjeux de leur activité et tente de minimiser leur impact environnemental, social et économique. Il y a trop de termes autour de ces questions ce qui manque de lisibilité pour le voyageur, la priorité semble pour moi la notion d’actions concrètes, à la dimension la plus locale pour chacun puisse agir à son échelle. (client, agence, réceptifs, acteurs du terrain, etc.)
Le tourisme responsable me semble une juste promesse, celle d’acteurs qui prennent tout leur part de responsabilité et donc d’action pour minimiser l’impact du tourisme, et pourquoi pas, espérons-le, le rendre positif. Cela concerne tant le voyageur que l’ensemble des personnes qui sont amenées à œuvrer au fil d’une expérience de voyage : transporteurs, hôteliers, guides, agences locales ou tour opérateur, etc. Il y a quelque chose de plus opérationnel que de parler de tourisme durable, d’écotourisme ; qui sont bien souvent des notions trop théoriques.
3/ Comment agir pour un tourisme responsable ?
Nous sommes au début du chemin, mais dans les actions les plus concrètes, nous finançons de longue date des projets autour de la préservation de la biodiversité. Nous sommes membres du 1% for the Planet, et nous avons mis en place la contribution pour nos voyageurs.Nous avons passé la certification ATR et nous travaillons sur nos plus importantes destinations à de nouvelles pratiques. (rémunérations locales, sélection des hébergements, problématique des transports, etc…)
Nous avons intégralement revu notre organisation et nos process, ce qui nous a permis de baisser notre empreinte carbone entreprise de 50% en organisant le télétravail, la digitalisation de nos process (objectif 0 papier), le présentiel et rendez-vous clients en espace partagé… Néanmoins, l’impact le plus conséquent reste bien sur le transport aérien, tant pour nos voyages professionnels que pour nos clients. Les équipes ont été formées à la fresque du climat, un très bel outil pour comprendre plus finement ce qui se joue demain et ce que nous devons engager aujourd’hui.
Depuis 2023 ans nous avons prit l’engagement d’une réduction de nos émissions en valeur absolue…c’est un chantier de long terme qu’il faut prendre à bras le corps dès a présent si on veut se donner des chances de réussir et à tout le moins progresser, pour une fois non pas vers le haut mais vers le bas par une baisse de cet indicateur carbone. Et pour l’instant nous sommes en avance sur nos objectifs !
4/ Comment voyez-vous le tourisme à l’avenir et en quoi peut-il être responsable ?
Voyager moins souvent plus longtemps… C’est une conviction forte, la croissance du voyage en volume de passagers et du toujours moins cher n’a pas de sens ni d’avenir. Si chacun prend sa part, il doit réfléchir à une stratégie d’activité pérenne dans ce contexte de réduction probable et durable de l’activité historique : comment faire mieux avec moins ? La crise du covid a été un excellent stimulateur du changement ! Il y a beaucoup d’innovation et d’opportunités, à nous de les saisir, le voyage restera toujours présent et un moteur de nos échanges, nous allons nous adapter, le mieux étant d’anticiper les contraintes futures.
5/ Le voyage et vous
J’ai évidemment été comblé par de nombreux voyages durant ces 25 dernières années et le rêve d’un tour du monde en famille a pu se concrétiser… Des milliers de souvenirs qui se bonifient avec le temps et que nous prenons plaisir à rouvrir en piochant dans nos différentes expériences et escales…
Un souvenir marquant ? l’ascension en famille d’un « petit » sommet à 5 500 m dans la vallée de l’Everest, dans le brouillard le plus complet pour voir finalement le ciel s’ouvrir sur les plus hauts sommets de la terre une fois arrivés au sommet…
Mais il reste bien sûr d’autres rêves ! !… Rejoindre à nouveau Ushuaia, mais cette fois sans avion et par voie terrestre en partant de la maison (quelques jonctions maritimes à l’étude dans le détroit de Béring…), et un vieux rêve d’ados, bercé par les récits du premier Vendée globe challenge, de prendre la mer pour un voyage au long cours en découvrant le monde par la mer.